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" N’oublions jamais que la justice est rendue au nom du peuple ... Il ne s’agit pas d’une formule de style, mais d’une exigence qui oblige la conscience de chacun." Pierre Mazeaud RSS suivez nos billets par le fil RSS

La Justice, le perplexe, l’impuissance et la douleur

On peut y ajouter aussi la colère, l’interrogation et l’indignation…

Toutes ces notions et ces termes ont envahi, hier soir, mon esprit et mon âme durant le quart d’heure que j’ai réservé à regarder, encore une fois, l’émission el ha9 m3ak (Traduction: le droit / la justice avec vous ou de ton coté…etc).

Réellement perplexe; par où commencer et comment?

Un enfant de 3 ans au Coeur d’une affaire juridique, administrative, familiale et une petite surenchère médiatique.

Un enfant de 3 ans qui a déjà perdu sa mère aux premiers mois de sa venue…et son père, aussi, emprisonné.

Les grands parents paternels et maternels se disputent sa garde et ces derniers, en mémoire à sa mère défunte, l’ont gardé par une voie de fait, il faut l’avouer.

Le père sort de prison; se voit accordé la garde par la justice, mais l’enfant reste loin.

Ni la justice, ni la police, ni le commissaire des enfants, ni les huissiers n’ont pu trouver une solution.

C’est la caméra d’une émission télé qui a pu rendre l’enfant à son père!!!!

Hier soir, à la fin de l’émission, je me suis trouvé sans le vouloir, en larmes, en regardant ce petit enfant jouer…

J’étais en larmes, en le voyant jouer…jouer sans sourire et prière me corriger si vous revoyez cette scène car j’ai bien essayé de détecter le sourire enfantin que je n’ai pas vu…chez un enfant de 3 ans.

Enfant-triste-

Mais l’interrogation ?

Avons-nous bien fait de régler cette affaire via la télé?

Hier soir, nous avons fait savoir à tout le monde, le monde entier, que toute notre système de protection de l’enfance, tout l’arsenal juridique, toutes les structures administratives et judiciaires et avec elles, toute la culture que nous avons tenté d’inculquer aux citoyens consistant à faire prévaloir l’intérêt suprême de l’enfant et dont nous nous sommes vantés d’être des précurseurs en la matière…tout ça…on l’a déclaré en faillite et impuissante.

En faisant passer cette affaire à la télé, l’émission a gagné un galon…mais l’Etat en a perdu …beaucoup.

Et l’indignation?

Elle puise sa source dans la prestation du Maitre Fethi el mouldi qui commence, apparemment, à confondre plateau d’elha9 m3ak avec celui de belmakchouf ou stade 7.

La question été réellement délicate et il fallait y aller doucement, mais le maitre n’a pas trouvé mieux que de surenchérir et crier au Kidnapping!!!! «je dirais même qu’il s’agit de Firar bi mahdhoun»!!!

tiens!!! Il nous fait sortir des crimes qu’on ignore, sur un plateau de juristes?

Maitre; ce n’est pas une fédération de football que tu attaquais hier soir; mais c’est une famille qui aime son enfant et veille avec force à sa protection.

N’oublions pas, que le père sortait juste du prison….

Heureusement que Kamel ben Masoud était là, et Sonia Dahmani, aussi.

Bravo Kamel pour la rectification faite sur le champs; une rectification qui a calmé les hormones du Monsieur.


Loi, voile intégrale et de la poussière

Toute la presse française a débattu hier soir des conclusions faites par la mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national qui a rendu son rapport de 652 pages ( en format PDF).

Personne ne se doute que la question a été traitée avant tout sur un plan politique. Après avoir survolé le rapport de la dite mission, je me suis demandé si un tel débat avait eu lieu pour lutter contre le chômage ou assurer l’équilibre financier de la sécurité sociale au même pays et sur d’autres problèmes économiques?

Même si, abstraitement, je reste indifférent à la question car je suis convaincu de la liberté accordée à l’être humain de choisir librement les moyens de communication avec Dieu qui reste le seul à pouvoir nous juger, je ne peux pas être passif, en tant que passionné par le droit et la loi, en face d’un précédant législatif qui pourrait être d’une gravité historique.

Légiférer pour interdire ou réglementer une futilité de la vie: la manière de se vêtir, est un top de médiocrité; c’est le pire viol, le plus vulgaire que la loi pourrait subir dans un pays qui place la liberté au 1er rang de son officieux emblème (Liberté, Égalité, Fraternité).

Ce qui me révolte encore plus, c’est que cette mission a auditionné des juristes, des professeurs de droit!!!

Avons-nous oublier que la loi, sans son caractère général, devient un outil de despotisme?

Que représente la communauté musulmane en France?

La population Francaise est estimée au 1er janvier 2010 à 65 447 500 habitants. D’après un Sondage CSA 2006-2007, les Catholiques représentent 51 %; les Athées 31 %; les Musulmans 4 %; les Protestants 3 % et les Juifs : 1 %.

Légiférer pour 4%, c’est un autre sens qu’on donne à la loi. Légiférer pour interdire un vêtement, c’est défigurer le sens même des droits de la personne.

Pourrait-on demain critiquer un pays qui interdira aux femmes de porter un jeans ou qui obligera les femmes à ne rien porter du tout????

La question a été drôlement traité car à un problème fallait identifier, avant tout sa nature, et penser, ensuite, aux moyens d’y remédier. Mais dans ce cas on a fait l’inverse. On a dès le début penser à légiférer et la mission n’a été qu’un moyen caricatural pour le justifier.

Sinon, comment peut-on justifier l’audition de Mme Sihem Habchi, présidente de l’association Ni putes ni soumises?

Une femme qui porte le voile intégral, n’est une pute ni une soumise et une femme qui ne le porte pas, non plus. De même, une pute peut porter le voile et une sainte peut ne pas le porter.

ni putes ni soumises

(sur l’image: des militantes du mouvement “ni putes ni soumises” en manifestation)

Enfin, et après mûre réflexion, on ne peut pas plaindre la France si elle va légiférer dans le sens voulu par le rapport de la mission car, et il faut bien le souligner, les voix contre le voile se sont élevés, avant tout, de certaines personnes des pays arabo-musulmans dont le relais a été vite assuré.


Voile, Niqab et Burka: Le rapport parlementaire.

Qui aurait pensé que la façon de s’habiller occuperait un jour une place importante du débat public français? Qui aurait deviné qu’une loi, et ce n’est pas n’importe quelle référence, intervient même pour répondre relativement à la question?

Faire intervenir une loi était synonyme que toutes les autorités de l’Etat s’en sont mêlées: exécutif, législatif et certainement judiciaire.

Indépendamment de la question si c’était aussi grave ou non? Si l’intérêt public le justifiait ou non? La vraie question qu’on aurait du se poser était s’il était nécessaire de faire associer la loi au débat?

La France, pays de déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, aurait mieux réfléchit à la manière et aux moyens d’y faire face. La France, c’est avant tout une culture, une culture juridique aussi qui peut servir de référence et fournir des actes à partir desquels on s’inspire.

Si La France, aujourd’hui, porte le débat de la façon de s’habiller au seuil législatif, demain, un pays arabe ou musulman, fera de même, pour interdire le port de jupes, pantalons, ou autres.

Si la majorité dans ce pays considèrera que cette question est d’intérêt public nécessitant une intervention législative elle n’hésitera point pour y aller; La France sera un exemple pour se justifier.

Les hommes politiques de cette ère n’étant plus capable de répondre aux défis idéologiques vu leur niveau qui laisse à désirer et ne voulant plus laisser place aux hommes de culture et des sciences pour répondre à de telles menaces vu qu’ils sont envenimés par ce vouloir tout faire tout seul, se sont emparés d’un moyen, la loi, qu’ils banalisent de plus en plus et se fichent complètement du fait que cette arme pourrait un jour servir…pour éradiquer ce qu’ils ont fait.

La loi fait la révolution. Mais si la loi devient molle, les révolutions seront à gogo.

Lire le rapport parlementaire


Affaire Gregory: Le Pénal en haleine, ou “Assassin, tu n’iras nulle part”.

On connaît le proverbe tunisien qui dit "ya katel errouh win trouh".

25 ans après les faits de l’affaire Gregory, l’enquête judicaire est ré-ouverte pour une nouvelle instruction. En effet, La cour d’appel de Dijon a décidé de rouvrir l’information judiciaire sur le meurtre en octobre 1984 de Grégory Villemin afin de conduire des analyses ADN sur d’anciens scellés.

Ce n’est pas la première fois que l’ADN vient au secours de la justice pour dévoiler un criminel ou innocenter un inculpé mais dans cette affaire, on observe une véritable attente pour découvrir qui a assassiné le petit.

En réalité, cette affaire doit relancer le débat sur beaucoup d’aspects de la procédure pénale, spécialement deux éléments: les moyens de preuve et la prescription de l’action publique ou de la peine.

Qu’un criminel, assassin de surcroit, se réfugie derrière les anomalies et les incohérences de la loi procédurale pour échapper à la justice, même si cela pourra satisfaire les défenseurs des droits de la défense pris au sens formel, nous parait une issue contraire au sens intrinsèque de la Justice.

Le pénal doit revenir à son ancien fondement théorique puisé dans sa philosophie sociale: le criminel doit subir la peine adéquate à son forfait.

Avec la prolifération des actes criminels et le développement de nouvelles techniques d’agression, il n’est pas permis de se laisser faire par les limites de la loi pour laisser ces bandits dans le vent.

Si on ajoute à ces insuffisances les limites des différents systèmes pénitenciers, le constat prévisionnel ne peut être qu’alarmant.

Il suffit de se tenir à un fait: le taux de récidive. Rarement un violeur, voleur, assassin, toxicomane, agresseur ne récidive son fait. Plus grave encore, la prison aggrave encore plus la tendance criminelle des inculpés, même par ceux classés criminels par voie accidentelle.

Il est temps de mettre toutes les nouvelles technologies au service de la justice pour confondre les criminels: Analyses ADN, tests sanguins, reconnaissance faciale…

Il est temps aussi de revoir le système de liberté conditionnelle qui, parfois, met en liberté de dangereux bandits nés pour commettre des crimes et rien que ça.

La société, dans presque tous les pays, a changé. La mentalité aussi; le châtiment n’a plus la même connotation psychologique chez l’individu. En revanche, la loi a stagné. Elle s’est figée. N’évolue plus ou évolue mal.

N’oublions jamais que le premier fondement de la loi était la paix sociale et il sera l’éternel et principal fondement.

On doit être aveugle pour ne pas constater que cette paix est en danger. Et il est temps de mettre les mesures législatives adéquates en marche pour la sauver. Sinon, on revient au stade primaire de la loi….de la jungle.