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" N’oublions jamais que la justice est rendue au nom du peuple ... Il ne s’agit pas d’une formule de style, mais d’une exigence qui oblige la conscience de chacun." Pierre Mazeaud RSS suivez nos billets par le fil RSS

Et pourtant le sein n’été pas si beau pour aller en prison

Aujourd’hui, en Tunisie, tout le monde veut se faire une virginité…neuve : médias, Magistrature, Gouvernement, Partis politiques…Tous.
La semaine actuelle nous a fait voir des trucs incroyables dans ce bled.
Un président de la république qui qualifie une partie du peuple par des « microbes », un journal « à polémique » crée la polémique en publiant une photo qui a offensé une certaine opinion et durant des jours, un égyptien venu de lointain, prône chez nous, dans nos mosquées, des discours incitant à la haine et offensant nos croyances et nos bonnes mœurs.
En réalité, ces 3 faits peuvent tomber sous l’autorité de la loi pénale (NB : le président ne jouit d’aucune immunité). Et pourtant, seule la photo a entrainé ses auteurs devant la justice.
Et voila la polémique qui s’installe.
Pourquoi ?
À priori, c’est le ministère public (qui dépend du ministre de la justice) qui s’est auto saisie de l’affaire. Et il a le droit de le faire.
Le débat tourne autour de la qualification du délit pénal assigné à ce fait au lieu du délit de presse ou juste une faute professionnelle.
Avec tout le respect pour ceux et celles qui critiquent la qualification pénale se basant sur l’existence d’un texte spécial, une photo pouvant offenser l’opinion publique ou les bonnes mœurs peut être traitée seulement sur le plan du code pénal car le ministère public est libre de sa qualification. S’il a commis une erreur d’appréciation, le recours contre sa décision aura, alors, de fortes chances d’aboutir et c’est tant mieux.
L’élément qui m’a paru décisif pour qu’on arrive là, c’est que la photo a été publiée par un journal Tunisien distribué librement au public sans restriction.
Si c’est le cas, je rejoins alors la critique qui invoque l’existence de telles photos, et même pire, dans le journaux étrangers distribués au public sans restriction.
En réalité, cette affaire est plus complexe qu’on le croit. Le journal a cherché la polémique (peut être dans un but de marketing). La justice s’est voulue rachetée en voulant avoir une initiative mais elle a commis la gaffe de laisser les journalistes en garde à vue. Le pouvoir politique essaye de tester la réaction des médias qu’il juge hostile. Enfin, les médias qui essayent de s’opposer à toutes limites à leurs publications jugeant la liberté de presse un droit sacré et sans limite.
Chacun cherche sa voie…vers une virginité.
Mais l’effet immédiat le plus important à signaler : on oublie nos vrais problèmes pour pouvoir en débattre.
Bien joué, le saint sein.

Pionnier


Posté le : 16 fév 2012
Posté dans Coup de gueule, Droit Pénal, Responsabilité |