Archives du 16 avril 2010:
La réalité sportive met-elle en cause notre bonne gouvernance? (mise à jour)*
Depuis le début des années 90, des multitudes de conférences internationales, séminaires régionaux et mondiaux, articles de doctrine diverse et variée, discours d’hommes de différentes spécialités et tant d’autres sources et autorités nous ont fait ressortir un nouveau concept: la bonne gouvernance.
Même si c’est un concept assez compliqué à cerner, on peut globalement le cantonner ou le rapprocher d’un autre plus flou que lui: l’Etat de droit[1].
Depuis des décennies, certains estiment que la Tunisie n’est pas concernée par ce concept. J’étais du même avis. Car au vu des discours assurés par les cadres de la Banque mondiale, ce sont les autres Etats de l’Afrique, du moyen orient et de l’Amérique latine qui avaient vraiment besoin de recevoir des cours simplifiés sur cette notion.
En fait, la bonne gouvernance concerne l’Etat qui n’assure plus son autorité sur ses sujets et n’arrive plus à hausser la loi au dessus de tous.
La Tunisie, n’était pas vraiment concernée.
Jusque là…
Jusque là car je commence à en avoir des doutes.
Ce qui s’est passé à l’occasion d’un match de football, le 9 avril 2010, pose réellement une question de bonne gouvernance.
Ce n’est pas le fait que des supporters saccagent un stade et sèment la terreur que nous allons mettre en cause cette bonne gouvernance, mais plutôt une succession de faits et d’erreurs qui laissent planer un doute sur la capacité de l’Etat à encadrer le secteur sportif par ses moyens légaux!
Depuis que Belmakchouf a entamé une vision spécifique à traiter l’information sportive, relayé par Stade 7 et une bonne partie de la presse écrite, très médiocre et vilaine, le constat n’a pas échappé à une bonne partie des sages du pays: la calamité de la presse sportive causera un désastre pour la Tunisie.
Ce secteur de la presse, calamiteux et médiocre, continue encore sa bonne marche sans oser, même, se mettre en question!!!
Et la contagion affecte d’autres secteurs.
Quand on entend aujourd’hui des gens (bien placés) conseiller aux justiciables de "déposer plainte auprès de El ha9 m3ak" comme référence sérieuse pour obtenir gain de cause, on ne peut que se demander où va-t-on?
« Le premier objectif de la gouvernance est d’apprendre à vivre ensemble et à gérer pacifiquement la maison commune ; d’y assurer les conditions de la survie, de la paix, de l’épanouissement et de l’équilibre entre l’humanité et la biosphère »
Pierre Calame[2].
—(mise à jour)
*- à la suite de ce billet, j’ai découvert par hasard que des pays étrangers ont réagit à des évènements sportifs violents par l’adoption de mesures législatives appropriées. La France par exemple a adopté en 1993, la loi 93-1282 du 6/12/1993 relative à la sécurité des manifestations sportives, consécutive au drame du stade Furiani.
Ensuite, c’est la loi n° 2006-784 du 5 juillet 2006 relative à la prévention des violences lors des manifestations sportives.
Depuis la loi de 1993 une mesure d’interdiction de stade pour une durée de cinq ans maximum peut être prononcée par la justice à titre de sanction complémentaire.
Mais Malheureusement, les interdictions judiciaires ont été trop peu utilisées. Au 31 mai 2009, seules 130 mesures d’interdiction judiciaire avaient été prononcées.
Par ailleurs, la loi du 5 juillet 2006 a créé une interdiction administrative, qui est une mesure de police administrative.
Au Royaume-Uni, les interdictions de stade (3 500 interdictions de stade annuelles contre 200 en France) peuvent aller de 3 à 10 ans et ont eu un effet dissuasif sur les supporters faisant fléchir les arrestations pour des infractions liées au football de 22 % depuis 2004.
L’Angleterre a réussi à juguler le Hooliganisme grâce à trois mesures : l’augmentation du prix des billets accompagnée d’une fidélisation accrue des supporters ; une plus grande sévérité dans les interdictions de stade (aussi bien par le nombre que par la durée d’interdiction) ; et par l’organisation des évènements sportifs en début d’après-mid
La réaction par le biais des mass médias et communiqués de presse n’est pas suffisante.
Aujourd’hui, plus que jamais, l’intervention par voie législative est nécéssaire pour non seulement assurer un cadre légal à la lutte contre la criminalité sportive, mais aussi à instaurer toute une législation sportive adéquate et efficace.
[1] – http://www.oecd.org/document/48/0,3343,fr_2649_33735_1814576_1_1_1_1,00.html
[2] – http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance
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